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8 Novembre 2018 – France Bleu Sud Lorraine

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/nancy-une-quarantaine-de-maisons-vont-etre-detruites-dans-le-quartier-d-haussonville-a-cause-de-la-1541697287

Nancy : une quarantaine de maisons vont être détruites dans le quartier d’Haussonville à cause de la sécheresse

Jeudi 8 novembre 2018 à 18:32 – Par Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine, France Bleu

Les fissures apparues il y a quelques années sur certaines maisons de ce quartier populaire de Nancy se sont élargies. L’Office Métropolitain de l’Habitat du Grand Nancy prend une mesure radicale et annonce la démolition des maisons sinistrées au grand désarroi de leurs occupants.

L’étude commandée par l’OMH est sans appel : une quarantaine de pavillons du quartier figure sur une large bande rouge, qui signifie un aléa élevé voire très élevée et la maison de ce couple qui souhaite garder l’anonymat est concernée, le mari et son épouse ne cachent pas leur désarroi « nous ça fait dix ans qu’on a acheté et on ne s’est  pas méfiés. Cela fait 53 ans que je vis dans ce quartier, j’y ai vécu toute ma jeunesse donc partir d’ici, c’est inimaginable ! » 

Pourtant, il va falloir s’y faire souligne l’épouse « je pense que toutes les maisons ici sont perdues, regardez ! Nous avons des fissures sur la façade, les portes des fenêtres ne se ferment plus car les murs ont bougé, les carrelages se décollent, le plâtre du plafond se décroche». Le couple souhaite attirer l’attention de la municipalité sur l’urgence de la situation et souhaite que l’état de catastrophe naturelle soit rapidement reconnu pour qu’ils y perdent le moins possible.

On veut me faire partir d’ici alors qu’il n’y a aucun risque d’effondrement, un riverain de la rue d’Epinal

Dans la maison mitoyenne, le constat de désolation est le même, sauf que l’occupant des lieux, Marc, est locataire      » moi je vis ici depuis 40 ans. Ce n’est pas ma maison qui m’angoisse, ce sont les courriers alarmants que je reçois, je n’en dors plus. On veut me faire partir d’ici alors qu’il n’y a aucun risque d’effondrement, j’estime qu’il y a d’autres solutions  »

L’une de ces solutions serait de fortifier les fondations pour faire cesser les mouvements de terrain « mais cela coûte trop cher ! » clame Frédéric Richard, le directeur général de l’Office Métropolitain de l’Habitat du Grand Nancy, propriétaire des pavillons concernés. Il préfère donc appliquer les recommandations du bureau d’étude Fondasol, c’est-à-dire démolir quitte à subir les reproches des sinistrés « On m’a reproché d’être trop alarmiste mais très honnêtement et sans lien aucun avec ce qui s’est passé à Marseille ou à Charleville-Mézières, je préfère être traité d’alarmiste plutôt que de salaud parce que je savais et je n’ai rien fait »

L’OMH qui a déjà engagé plusieurs projets immobiliers sur le quartier promet une solution de relogement à tous les locataires dont les maisons seront détruites.

Le 23 octobre dernier, l’état de catastrophe naturelle a été reconnu pour plusieurs communes de Meurthe et Moselle et des Vosges suite à la sécheresse de 2017.